Entretien avec William Winiger – “J’ai combattu pour homologuer cette Porsche!”

William Winiger parcourt depuis de nombreuses années les routes du championnat suisse des rallyes. Le Valaisan a roulé durant plus de six saisons au volant d’une Subaru Impreza avant de faire l’acquisition d’une Porsche Cayman S. Malheureusement, l’homologation de la voiture ne s’est pas faite aisément et il a dû attendre avant de pouvoir courir avec cette voiture. Aujourd’hui, le problème est résolu et il n’attend plus que les rallyes.

Sport-Auto.ch s’est entretenu avec William Winiger.

Sport-Auto.ch : Peux-tu te présenter brièvement ?

William Winiger : “Je m’appelle William Winiger, je suis né en 1979 et je suis originaire du Valais. Je suis mécanicien de formation.”

Comment es-tu arrivé dans le monde du sport automobile ?

“Depuis tout petit, la mécanique a toujours attiré mon attention. J’ai commencé par rouler avec les vélomoteurs. Par la suite, un de mes copains s’est lancé en rallye. Je l’ai aidé à monter sa voiture. J’ai navigué cet ami durant 4 années dans cette même voiture. Après cette expérience en tant que copilote, j’ai eu envie de me lancer au volant.”

Quel est ton plus beau souvenir ?

“Je pense que c’était lors du Rallye du Chablais 2014. Nous avions réalisé de superbes chronos en signant notamment un troisième temps scratch ainsi qu’un quatrième temps. Nous avions terminé premier du Groupe N et huitième au général.

L’intégralité de la saison 2014 est un beau souvenir car nous avions pris beaucoup de plaisir et nous avions terminé à la sixième place du championnat.”

En 2017, tu as fait un one shot en 207 Peugeot S2000 ?

“C’était une aventure magnifique. Je n’avais plus de voiture dans mon garage et cette voiture m’avait toujours fasciné. Elle était mythique et avait remporté de nombreuses fois le championnat. Le prix de la voiture était devenu abordable avec la venue des nouvelles R5 alors je me suis pourquoi pas. Malheureusement, j’ai commis une erreur dans la spéciale des Portes du Soleil et nous avons cassé deux jantes.

On avait fait des essais avec l’équipe Balbosca et tout s’était bien passé. Je n’ai pas eu trop de peine à prendre la voiture en main après pour parvenir à exploiter tout le potentiel de la voiture, il faut faire des kilomètres.”

La même année, tu as fais l’acquisition d’une Porsche Cayman, comment s’est fait la prise en main?

“Cette saison était une année de transition. Je ne savais pas quel véhicule je voulais acheter. Les Porsche m’intéressaient puisque c’est fiable, c’est une propulsion. Le problème lors de cette aventure a été d’homologuer la voiture. Je ne savais pas comment faire homologuer la voiture, je n’avais pas le budget pour la faire passer en GT. J’ai eu la chance de recevoir de précieux conseils de la part d’Eric Jordan ce qui m’a permis de m’aiguiller. J’ai dû faire la licence FFSA ce qui a permis d’ouvrir des groupes pour la voiture.”

Est-ce que tu as eu des regrets, des inquiétudes ?

“Je ne peux pas dire que j’ai eu de regrets mais des inquiétudes oui. Ce n’était pas facile. Je savais que c’était des voitures qui ne perdaient pas vraiment leur valeur. Au pire, je me disais que je pouvais la refaire pour la route. Cette histoire m’a quand même démotivé et m’a quelque peu coupé les ailes en plein vol. J’ai pris une année un peu près afin de trouver une combine pour l’homologation.”

Que penses-tu désormais de cette voiture ?

“Maintenant, je commence à avoir un certain plaisir à rouler. La voiture n’est pas évidente à régler. Il faut rouler et encore rouler. Je me suis plus vite habitué aux autres voitures.”

Est-ce qu’une R5 t’intéresse ?

“Clairement oui. C’est une voiture d’usine. Ce n’est pas facile à rouler d’après ce que j’ai entendu. Ça reste un rêve pour moi.”

Quelle est ta course favorite ?

“Chablais et Valais. Le Rallye du Chablais car ce sont des routes à domicile et le Rallye du Valais car c’est un mythe. Ensuite, le Critérium Jurassien est beau car le profil du rallye est rapide. Nous sommes gâtés en Suisse car nos rallyes sont tous beaux.”

Quel est ton programme ?

“Mon programme initial était de faire le Critérium, le Chablais et le Valais. Maintenant je pense me tourner que vers le Rallye International du Valais. Je vais faire quelques tours en circuit afin de retrouver mes repères au volant de ce bolide.”

Crédit photo : Sport-Auto.ch – Baptiste Aebi

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