Sébastien Carron attend la reprise

Sébastien Carron et Lucien Revaz ont laissé une forte impression la saison dernière en signant à chaque apparition de belles performances. La plus flagrante a été constatée lors du Rallye du Chablais lorsque Sébastien Carron a pris la tête du rallye dès la première spéciale jusqu’à la fin du rallye. Une carrière qui n’est pas finie puisque le Valaisan attend la reprise du championnat avec impatience.

Sport-Auto.ch a pu s’entretenir avec Sébastien Carron  

Sport-Auto.ch : Comment est-ce que le duo Carron-Revaz s’est fondé ?

Sébastien Carron : “Nous sommes des amis de longue date. On partageait la même passion pour les voitures de course et surtout les jeux vidéo. Nous passions des heures à nous affronter sur Colin McRae Rallye. Un jour, on s’est regardé et on s’est demandé pourquoi ne ferions-nous pas un vrai rallye. On a monté un dossier de presse et on a mis une année à trouver le budget pour faire le Rallye International du Valais. Notre premier rallye fut en 2001 sur une Peugeot 106 N2.”

On t’a vu dominer le championnat suisse, n’as-tu jamais songé à passer à un niveau au-dessus en t’alignant sur quelques courses en mondial ?

“Nous avons beaucoup travaillé pour être devant. Personnellement, je suis un perfectionniste et c’est sûrement grâce à cela que nous pouvions jouer les avant-postes. C’est le fruit d’un travail important. J’ai toujours progressé grâce à l’adversité et en me remettant en question pour rester devant.

Concernant l’échelon supérieur comme vous l’appelez, je n’ai malheureusement jamais vraiment eu le temps et l’envie d’aller plus loin. J’ai toujours eu un réel plaisir à rouler en Suisse sur des manches qui sont magnifiques et que tous les étrangers nous envient.”

Quel est ton rallye favori et pourquoi ?

“C’est difficile à dire car chaque rallye est magique et détient quelque chose de particulier. Mon cœur balance entre le Chablais et le Valais mais j’ai une préférence pour le Rallye du Chablais. Les routes sont magnifiques. J’aime la variété entre une route tantôt sinueuse tantôt rapide. En plus, les décors sont fantastiques.”

Les rallyes sont de plus en plus piquetés, qu’est-ce que tu penses de ce fait ?

“Malheureusement, cela est devenu nécessaire pour ne pas devoir refaire les champs de tous les privés à la fin du rallye. Je comprends la décision des organisateurs. Ils n’ont pas réellement le choix. Les routes sont piquetées pour avoir plus facilement les autorisations nécessaires pour mettre en place un rallye. Il ne faut pas oublier le fait que ça réduit la charge de travail à la fin du rallye.

Mais qu’est-ce que c’est dommage de ne pas pouvoir tendre au mieux les trajectoires, couper les cordes, avoir de la boue jusqu’au sommet du toit de la voiture”

Quelle voiture t’a le plus marqué ?

“À ce jour, c’est clairement la Polo R5. C’est une voiture fantastique. Elle me procure énormément de plaisir, c’est efficace, précis et tellement performant. J’ai quand même un pincement au cœur quand je repense à la Clio S1600. C’est une voiture extraordinaire, qui hurle tout le temps et qui a un châssis de karting. Quand tu parviens à maîtriser cette voiture, tu prends ton pied. J’aimerais beaucoup rouler à nouveau dans cette voiture le temps d’un rallye.”

En 2017, tu as eu une lutte fabuleuse face à Sébastien Loeb, quelles étaient tes pensées durant le week-end et celle d’aujourd’hui ?

“Quel weekend de fou ! Mon pilote de rallye préféré se trouvait avec nous au départ du Rallye du Chablais.  Tout le monde pensait qu’il allait nous atomiser. Certains disaient qu’il roulerait 1 à 2 secondes au kilomètre plus vite que nous. Mais dès les premières spéciales, nous avons su imposer un gros rythme et je vous jure que d’être devant le champion du monde des rallyes sur les ¾ du rallye, j’avais un sentiment profond en moi que je ne pourrais jamais oublier. Durant le weekend, il m’a félicité à plusieurs reprises. J’avais la banane. Je me rappelle même qu’à la sortie d’une spéciale, il m’a demandé de ralentir en rigolant. Quelle fierté aujourd’hui de me remémorer ces souvenirs. On m’en parle encore souvent.”

Quel était ton programme pour 2020 avant le COVID 19 ?

“Pendant l’hiver, nous avons reçu quelques belles offres pour rouler avec des teams, que je remercie au passage. L’envie était de rouler sur quelques manches du championnat suisse. Rien n’était encore bien ficelé, mais l’envie de rouler était bien présente à nouveau.”

Si tu devais décrire ton style de pilotage ?

“Je suis quelqu’un de très propre dans le pilotage. J’ai toujours été un pilote typé traction. Avant de rouler 4X4, j’ai toujours roulé avec des tractions avant. Je travaille énormément avec la télémétrie depuis plusieurs rallyes. Je cherche évidemment à m’améliorer et de comprendre comment y arriver. Par rapport à des obstacles ou des sauts nouveaux dans les rallyes, j’ai une approche plutôt prudente.”

Enfin, as-tu des conseils à donner à un petit jeune qui débute en rallye ?

“Je pense qu’un jeune aujourd’hui doit dans un premier temps s’entourer des bonnes personnes. C’est très important d’avoir des conseils pour avoir la meilleure approche. Le rallye est complexe, et si on ne veut pas faire de bêtises, c’est important d’avoir les bons conseils au bon moment. Ensuite, je lui conseillerais de faire une coupe de marque pour pouvoir se comparer aux pilotes qui roulent avec les mêmes autos, dans un but de progresser.”

Actuellement, est-ce que tu envisages de faire le Mont-Blanc, le Tessin et le Valais ?

“Dans les conditions actuelles, c’est très difficile de se projeter jusque-là. Attendons de voir l’évolution mais si les conditions sanitaires le permettent, je me vois déjà au volant d’une voiture pour participer à ces manches. J’ai adoré le Rallye du Mont-Blanc. J’avais terminé à la cinquième position en 2016. Le Tessin et le Valais faisaient déjà partie de mes plans pour cette année. Nous communiquerons au plus vite sur la suite de notre saison sur nos réseaux sociaux, Carron Rally Team.”

Crédit photo – Sport-Auto.ch – Baptiste Aebi et Ludovic Carnal

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