Un Champion de France aurait dû faire son retour au Rallye du Chablais !

Après deux saisons sans rouler, Julien Maurin devait faire son comeback lors du Rallye du Chablais. Le double champion de France des Rallyes aurait été sans aucun doute un prétendant sérieux pour la victoire. Le Français devait s’aligner avec une VW Polo R5 récemment acquise par le Team de Romain Dumas. Cette annulation n’est que partie remise…

Sport-Auto.ch a pu s’entretenir avec Julien Maurin.

Sport-Auto.ch : Comment êtes-vous arrivé dans le monde du sport automobile ?

Julien Maurin : “Je suis né dans le milieu de l’automobile car mon père concessionnaire Ford. C’est pour cette raison que dès mon plus jeune âge, j’ai été tenté par les voitures et la conduite. Mon grand-père était aussi dans les pièces détachées et bizarrement, personne de ma famille n’était réellement passionné du sport automobile. L’attirance pour la compétition m’est venue tardivement car moi-même, je ne suivais pas les courses. J’appréciais faire quelques tours en karting mais sans plus. Dans les années 2000, mon père a soutenu Yves Loubet sur le championnat de France terre et c’est à ce moment précis, que ma passion est née.”

Quel est votre plus beau souvenir en carrière ?

“Pour un Savoyard, c’est évidemment de remporter le Rallye du Mont-Blanc. Pouvoir gagner ce rallye si mythique devant toute ma famille et mes proches. Le plus beau dans cette victoire, c’est que je faisais un grand pas vers le titre de champion de France des rallyes.”

En 2013, vous remportez votre premier titre en France, qu’avez-vous ressenti ?

“Evidemment une grande satisfaction et le sentiment de rendre hommage à tous mes partenaires. Le rallye est à la base un simple loisir pour moi. J’étais vraiment content d’avoir atteint un bon niveau avec un titre à la clef surtout sur un championnat aussi relevé que chez-nous.”

La saison suivante, vous vous alignez en WRC 2 et en France avec une WRC, vous deviez donc à chaque fois changer votre pilotage ?

“Oui effectivement, mais les voitures étaient assez proches au niveau de leur philosophie de conception. Je pouvais passer de l’une à l’autre sans trop de difficultés. Je me souviens surtout quand je passais de la WRC à la R5, j’avais l’impression de me traîner.”

Comment s’est passé le mondial ?

“C’était de magnifiques épreuves, avec une belle concurrence. Le problème est que j’étais face à des adversaires qui roulaient sur des voitures d’usine. Les voitures étaient donc naturellement plus performantes et les pilotes parcouraient plus de kilomètres en test. On était performant sur l’asphalte. Nous étions en tête dans la dernière spéciale en Allemagne avant que nous crevions. En Catalogne, on avait fini deuxième et nous avions gagné le Tour de Corse.”

Est-ce que le second titre a eu la même saveur que le premier ?

“Non pas vraiment. Tout simplement car ce n’était pas l’objectif que je m’étais fixé en début de saison. Ensuite, ça reste un titre au niveau national, donc ça reste fantastique.”

Par la suite, il y a eu du WRC 2, l’objectif était de se faire repérer ?

“Oui et non. J’ai toujours été un grand compétiteur dans la vie, je voulais tout simplement m’opposer aux meilleurs et relever de nouveaux défis.”

Est-ce que vous avez des regrets dans votre carrière ?

“Absolument aucun. Je connaissais les difficultés pour percer dans l’univers du sport automobile. J’ai eu la chance d’avoir de précieux partenaires et de pouvoir rouler dans de belles voitures. Toutefois, ma priorité s’est toujours dirigée vers les études ainsi que l’entreprise familiale. Je savais que ces activités seraient concrètes.”

Depuis fin 2017, vous n’avez plus fait de rallye, pourquoi ce choix ?

“Lorsque j’ai atteint les 30 ans, il fallait tout simplement que j’accentue mon implication au sein de notre société. C’est un vraiment un choix personnel et personne ne m’a influencé pour ce choix.”

J’ai entendu parler d’un éventuel engagement au Rallye du Chablais en Polo, pouvez-vous nous en parler ?

“Oui, c’est vrai. Je voulais faire un retour en douceur au Rallye du Chablais avec la Polo R5 de mon ami Romain Dumas.”

Que pensez-vous du championnat suisse des rallyes ?

“C’est un très beau championnat composé de beaux rallyes notamment le Valais, le Chablais ou encore le Mont-Blanc. Son format assez compact en termes d’épreuve serait une belle formule.”

Quels sont vos projets pour la suite ?

“J’aimerais réussir à faire 2-3 rallyes par saison. Le contexte professionnel actuel a quelque peu chamboulé mes projets. J’espère que ce n’est que partie remise.”

Crédit photo : Bastien Roux

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