Simona de Silvestro : « Je suis impatiente de débuter la saison. »

A 31 ans, Simona de Silvestro est l’une des pilotes féminines les plus talentueuses. Et après avoir pris part, entre autres, aux 500 miles d’Indianapolis et à l’Indycar, et été pilote d’essai en Formule 1 et au V8 Supercar australien ces dernières saisons, la Suissesse va rouler dans un autre série en 2020.

Ainsi, devenue pilote officielle Porsche cette année, et pour laquelle elle participe au développement de la Formule E, Simona sera engagée en ADAC GT Masters au sein du KÜS Team75 Bernhard sur une Porsche GT3 R.

Après avoir roulé aux USA et en Australie, Vous faites votre retour en Europe cette année. Comment s’est présenté l’opportunité ?

Simona de Silvestro : « Fin 2019, j’ai signé un contrat avec Porsche et j’ai rejoint leur programme en Formule E en tant que pilote d’essai et de développement. Néanmoins, je pense qu’il faut continuer à courir, et comme il y avait un volant de libre au sein de l’équipe de Timo Bernhard dans un championnat aussi relevé que l’ADAC GT Masters, tout s’est enchaîné naturellement. Et je suis vraiment heureuse que tout soit, aujourd’hui, confirmé. J’ai eu l’occasion d’échanger avec d’autres pilotes de GT, et ils m’ont confirmé que c’était l’une des compétitions les plus difficiles. Et après avoir roulé à travers le monde, c’est bien d’être de retour en Europe. Je suis impatiente de débuter la saison. »

Vous avez débuté très tôt en sport automobile…

Simona de Silvestro : « J’étais une vraie fan depuis mon plus jeune âge. Mon père possède une concession automobile et j’ai toujours suivi la Formule 1. Quand j’ai eu six ans, mon père a eu une série de karts, et je l’ai harcelé pour avoir le mien. J’ai passé dix ans en karting, et après ma première saison en monoplace, je me suis retrouvée aux USA en 2006 après avoir trouvé un partenaire américain. »

Après de nombreuses victoires et podiums en Fomule BMW USA et Formule Atlantic, les équipes d’Indycar ont fait signer la Suissesse, qui terminera à Houston en 2013 en deuxième position, devenant l’une des trois femmes de l’histoire de la série à monter sur un podium. Mais, si ce résultat lui ouvrait une porte en Formule 1 en tant que pilote d’essai, les contraintes budgétaires ne lui ont jamais permis de prendre le départ d’un Grand-Prix.

Simona de Silvestro : « Ce fut vraiment dur pour moi, car la Formule 1, c’est là où tout pilote veut rouler. »

Après un bref retour en Indycar, puis en Formule E, la pilote suisse prendra ensuite la direction de l’Australie pour rouler dans le très populaire V8 Supercar.

Simona de Silvestro : « Avec le recul, je me rends compte que j’ai déjà connu de très nombreuses expériences très diverses, et j’ai pris énormément de plaisir sur mes cinq départ à Indianapolis et à Bathurst. Aussi, je me considère comme très chanceuse d’avoir eu la chance de participer à ces courses et de découvrir d’autres cultures. Il se passe tellement de choses en sport automobile, et vous ne savez jamais où cela vous mène. »

Maintenant, c’est l’ADAC GT Masters qui attend la Suissesse, associée à l’Autrichien Klaus Bachler.

Simona de Silvestro : « Je vais découvrir beaucoup de choses. Ce sera un nouveau défi, car je ne connais le championnat qu’à la TV. La voiture et les pneumatiques seront nouveaux pour moi ainsi que les circuits, hormis Hockenheim et Zandvoort. »

De plus, l’expérience de Simona en GT3 est très limitée, puisque la Suisse n’a roulé que sur une Honda NSX aux 24h de Daytona en 2018.

Simona de Silvestro : « La voiture et les pneumatiques étaient différents de notre package, mais je me suis habituée à rouler avec l’ABS en course, ce que je ne connaissais pas auparavant. Et c’est bien d’avoir eu cette expérience, car je ne partirais pas de zéro. Il est bientôt temps des premiers essais avec le KÜS Team 75 Bernhard. Je suis vraiment très excitée, ça va être très amusant, assurément ! »

Et afin de pouvoir apprendre dans les meilleures conditions, la pilote suisse pourra bénéficier du soutien du team manager et de l’équipe.

Simona de Silvestro : « Je suis avec une excellente équipe pour me soutenir, et Timo est le professeur idéal. Les personnes autour de moi sont toutes très compétentes et expérimentées. Je connais déjà Klaus Bachler et nous nous entendons bien. Je suis entre de bonnes mains. »

Mais déjà, la Suissesse est impatiente de débuter sa saison à Oschersleben fin avril.

Simona de Silvestro : « Ce sera l’un des moments forts de l’année. Vous pouvez faire la meilleure préparation possible, tant que la compétition ne débute pas, vous ne savez pas réellement où vous vous situez et là où vous devez encore progresser. »

Néanmoins, Simona reste prudente sur ses objectifs…

Simona de Silvestro : « Bien sûr, j’aurai de la pression, car Porsche surveillera mes résultats. Mais pour le moment, c’est difficile à évaluer. Actuellement, nous n’avons pas encore fait de tests et je ne connais pas le niveau de nos adversaires. Nous en saurons plus après les premiers essais. Bien entendu, je veux obtenir les meilleurs résultats chaque week-end de course. Avec la voiture, nous avons un excellent package et Klaus et moi-même avons de bonnes chances de bien figurer si nous ne faisons pas de faute. »

Crédit photos : ADAC GT Masters

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