Olivier Gillet : “J’ai peur que l’efficacité des R5 tue le plaisir”

Olivier Gillet a été, et est encore sûrement l’un des pilotes suisses ayant le plus de potentiel derrière un volant. En 2005, il est devenu Champion de Suisse aux côtés de Frédéric Helfer. Depuis ce temps, le pilote vaudois a participé à de nombreuses courses à l’étranger et également en Suisse.  

Sport-Auto.ch a pu s’entretenir avec Olivier Gillet.

Sport-Auto.ch : Comment s’est déroulée ta saison 2019 ?

Malgré un abandon au Chablais, Olivier Gillet aura encore une fois démontré son talent.

Olivier Gillet : “Cette année a été loin d’être bonne. J’ai participé à deux rallyes cette saison et il y a plus eu de bas que de hauts. Lors de la première étape du Rallye du Chablais, je n’ai pas été convaincu par mon nouveau set-up.  Durant la seconde et la dernière étape, j’ai réussi à me faire plaisir. Malheureusement, nous avons dû renoncer pour une histoire d’essence. Nous n’avions tout simplement pas suffisamment rempli le réservoir pour la boucle de l’après-midi. Nous pensions pouvoir faire le plein lors de la dernière assistance de St-Maurice, ce qui n’a malheureusement pas été le cas. 

Le second rallye a été le Mont-Blanc. Nous avons couru la première spéciale avec des pneus morts suite à un souci de roues. Nous signons tout de même un bon chrono, à deux dixièmes de Laurent Pellier. On pouvait clairement jouer la gagne, mais lors de la deuxième spéciale, le cardan a cassé. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.”

Quel est ton meilleur souvenir en rallye ?

“Je dirai le Monte-Carlo 2001, qui est clairement un beau souvenir. Nous avions terminé neuvièmes, derrière des WRC menées par des pilotes comme Mäkinen, Carlos Sainz ou encore François Delecour.  Il y aussi eu l’Acropole 2006 en Alfa GTA.”

Tu as toujours eu un talent reconnu, que t’a-t-il manqué pour vivre de la course automobile à ton avis ?

Olivier Gillet

“Malgré un cœur immense à l’époque, enfin je suppose, il m’a manqué certainement de moyens et quelqu’un pour chapeauter pour notre petite équipe… Après peut-être que je n’avais pas assez de talent !?”

Quels sont les conseils que tu donnerais aux jeunes qui souhaitent commencer le rallye ?

“Pour les jeunes qui débutent, ils doivent être prêts à beaucoup sacrifier.  C’est-à-dire concentrer son argent et son énergie pour bien faire les choses, que ce soit en N1-2 ou R2, voire mieux, et il ne faudra jamais se gêner de demander des conseils aux équipages expérimentés.

Il faut idéalement être guidé tout de suite par un ancien pilote ou copilote. Après, si le budget le permet, il faut tenter sa chance dans des formules de promotion en France, en Italie ou bien encore en Allemagne.”

Est-ce qu’un jour, on verra Olivier Gillet dans une R5 ?

“Honnêtement, je n’y pense pas. Je n’ai peut-être plus le feu pour rouler dans ce genre de voiture. Il faudrait peut-être que j’essaie mais j’ai peur que cela soit trop aseptisé pour moi. L’efficacité tue le plaisir à mon avis. Tout ceci reste mon avis personnel évidemment.”

As-tu déjà quelques projets pour 2020 ?

Olivier Gillet

“Pour 2020, je pense faire quelques circuits pour le fun. Sinon rien n’est encore décidé pour le moment. J’ai plusieurs autres projets en cours, hors du rallye. Donc j’essaie de garder du temps pour ma famille et les loisirs en plein air qui me prennent un certain temps.”

Crédit photos : Sport-Auto.ch 

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