La vie d’un copilote vu par Anderson Levratti

Dans le monde du rallye, le succès revient régulièrement au pilote, malgré le fait qu’un équipage soit constitué d’un pilote et d’un copilote… et que le pilote ne peut rien faire sans un bon copilote. Sport-Auto.ch s’est entretenu avec Anderson Levratti, l’un des copilotes les plus expérimentés que l’on puisse voir évoluer en Suisse actuellement. Le Français navigue régulièrement Michaël Burri et son père Olivier Burri. Si vous vous êtes déjà demandé, quelles sont les choses que doit savoir faire un copilote, vous les découvrirez dans cet article. 

Sport-Auto.ch : Anderson, peux-tu présenter brièvement ta carrière de copilote ?

Anderson Levratti : “Je compte 142 rallyes à mon actif. J’ai commencé ma carrière en 2008. Je roule en Suisse depuis 2014 avec Michaël Burri et son père Olivier. Je navigue également de temps en temps Steeves Schneeberger. J’ai roulé aux côtés de Michael Burri en championnat du monde.  J’ai remporté le Clio R3T Alps Trophy en 2015, le Clio R3T European Trophy en 2016, le Championnat de France F2000 en 2017, et terminé 3ème du Championnat de Suisse des Rallyes en 2017 et en 2019. Enfin, j’ai été deux fois second amateur au Monte-Carlo, en 2018 et en 2019.”

Décris-nous tout ce que tu dois faire avant, pendant, et après le rallye ?

Checker la pression des pneus fait partie du job de copilote

“Avant le rallye, je m’occupe de la réservation des hébergements. Je prépare le book où sont regroupées toutes les infos. J’établis également le plan des reconnaissances, le plan de la consommation de carburant dont nous avons besoin lors de chaque étape.

Pendant la compétition, je m’occupe de la gestion du temps, ce qui comprend de savoir où est-ce que l’on va au mètre près, à quelle heure exacte. Je dois aussi avoir les infos de la météo, les infos des ouvreurs. Durant la course, je dois encore contrôler la pression des pneus, contrôler le temps imparti pour pointer à l’heure et ne pas être pénalisé. Je dois aussi me tenir à disposition à tout moment de l’équipe, par exemple, si tout à coup mon pilote me demande de l’aide pour le choix des pneus.

Ensuite, il n’y a pas réellement d’après rallye, si ce n’est que je regarde les caméras embarquées pour voir où nous pouvions gagner du temps.”

Quelle est la chose la plus importante pour un copilote ?

“L’organisation.”

 Est-ce difficile de confier sa vie aux mains du pilote ?

“Non pas vraiment, c’est une confiance mutuelle, le feeling y fait beaucoup aussi !”

 Quel est ton meilleur souvenir ?

L’un des plus beaux souvenirs : la victoire en Clio R3T European Trophy au Monte-Carlo

“Il est difficile de n’en mentionner qu’un. Je pense directement à la victoire scratch lors du Rallye du Critérium Jurassien en 2018, mais aussi en 2016, lorsque nous avons remporté la catégorie du Clio R3T European Trophy lors du Monte-Carlo. Cette victoire nous a ouvert les portes du mondial pendant un an avec Renault Sport.”

Et quel est le pire souvenir ?

“Le Monte-Carlo 2013 ; nous étions en tête des deux roues motrices avec 1 minute et 30 secondes d’avance, et nous sommes sortis à 2 km/h… Le Rallye du Chablais cette année a été aussi très dur car nous y avons perdu tous les espoirs que nous avions de pouvoir gagner le Championnat de Suisse des Rallyes.”

 Quel est ton programme pour 2020 ?

“Je n’ai pas encore de programme vraiment précis. Il y a la Coupe de France avec Michaël Burri et sa Saxo F2000, mais pour le reste, ça va se décanter dans les semaines à venir.”

Est-ce que tu comprends que les médias, les organisations, accordent plus d’importance aux pilotes, avec notamment les coupes, les interviews ?

Michael et Anderson : un duo qui fonctionne !

“Oui et non… on s’y habitue à force malheureusement, mais c’est une triste vérité que les copilotes sont souvent oubliés. Nous sommes toujours deux dans une voiture.  Mais nous sommes de plus en plus médiatisés et c’est plutôt agréable ! Puis au fond, on n’a pas à se plaindre, nos équipes d’assistance et les commissaires sont malheureusement bien plus oubliés que nous ! Alors que sans eux, nous ne ferions absolument rien !”

Crédit photos : Baptiste Aebi 

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