Baptême en WRC pour Sport-Auto.ch!

Prendre la place de copilote dans une WRC est une chance qui ne se présente pas tous les jours. Je me souviens du descriptif que m’en avait fait Laurent Métral lors de son premier rallye aux côtés de Gérard Nicolas dans la Focus WRC. Je me réjouissais donc du programme concocté par Ford Performance, la division sportive de Ford, pour ces deux jours en Angleterre.

Le premier jour, près de Cockermouth, nous avons visité l’endroit où se trouvent les ateliers, les bureaux et la piste d’essai asphalte M-Sport, le préparateur des Ford du championnat du monde des rallyes. J’ai d’ailleurs pu y essayer la Mustang Bullitt et la Ford GT (lire l’essai ICI). Oubliez l’idée du hangar planté au milieu d’une zone industrielle. C’est un immense domaine, ou les premières constructions sont quasiment millénaires, dans la campagne brit(annique remplie de moutons, au nord de Manchester. Il faut montrer patte blanche pour que les gardiens vous ouvrent la barrière pour accéder à ce qui peut être considérer comme le paradis des amateurs de rallye.

Le maître des lieux, Malcolm Wilson en personne, nous reçoit dans une des nombreuses salles de son château. Ceux qui se demandaient qui avait son portrait peint accroché au mur ont vite été renseignés. Les nombreuses coupes et photos présentes dans le bâtiment témoignent du palmarès de la société. L’investissement de 19 millions de Livres Sterling pour le développement du site témoigne de la bonne santé financière, et permettra de faire passer l’effectif de 200 à 300 employés ! Au programme notamment : la construction d’un hôtel, d’un atelier dédié à la fabrication des coques, un autre dévolu aux matériaux composites, le tout alimenté par de nombreux panneaux solaires.

Les ateliers sont dotés des meilleures machines CNC. Elles permettent la fabrication rapide de pièces spécifiques et de prototypes. Par exemple les moyeux de roues entièrement taillés dans l’alu sont fabriqués sur place. Ici les deux maîtres mots sont solidité et légèreté.

La salle réservée à l’assemblage des moteurs est bercée par une douce musique, qui tranche avec le vacarme de l’atelier d’usinage. A côté, une vingtaine de poste de travail permettent la révision ou la construction de voitures. Le jour de notre visite, principalement des voitures de rallye comme des Fiesta R5, mais aussi des Bentley et Jaguar de circuit. Cette dernière était en train d’être convertie à l’électrique. Une Focus RS de route modifiée a aussi attiré mon attention, il s’agit de l’une des voitures de reconnaissance pour les pilotes maison. Certainement de quoi décrocher un top 10 dans un rallye national. Fait troublant, aucun lift n’est présent dans l’atelier. L’explication ? Cela permet aux mécaniciens de travailler dans les mêmes conditions qu’en rallye, sur chandelles !

Dans le petit musée, on retrouve de nombreux souvenirs de courses : combinaisons, casquettes, plaques, jantes qui ont passé de sales quart d’heure et 3 voitures. L’Escort MK2 groupe 4 personnelle de Mr Wilson à la déco Stobart. Une Focus WRC Abu-Dhabi, comme celle de Gérard Nicola, pilotée pour la dernière fois par Latvala. Puis, une rarissime Escort MK3 RS1700T de 1982, propulsion équipée d’un 1700 turbo produite pour l’homologation du modèle de Groupe B, qui n’ira pas plus loin que le stade de prototype.

Le lendemain, direction la forêt de Greystoke. Ce nom ne vous dit certainement pas grand-chose. C’est là que sont testées et développées les Ford de Rallye, dans des conditions identiques à celles du Rallye de Grande Bretagne.

Pour découvrir la piste, petite balade en pick-up, bien sûr un Ford Ranger. Mais pas n’importe quel Ranger : Le Raptor. (lire l’essai ICI) C’est Tom Williams, pilote en Championnat du monde des rallyes FIA Junior, qui est aux commandes. Malgré les 213ch du moteur 2.0 accouplé à une boîte automatique 10 vitesses, j’ai le temps d’observer la route, les nombreux arbres qui jalonnent la piste et les divers obstacles que l’on pourrait rencontrer en cas de sortie de route.

Place maintenant aux choses sérieuses. C’est aux côtés de Gus Greensmith que je prends place dans la Fiesta WRC. Pilote de WRC2 Pro, il a accroché une septième place au général du Monte-Carlo 2019 dans une Fiesta R5. Ici fini le confort des sièges en cuir-alcantara. C’est maintenant assis bien bas que je suis harnaché.

Nous quittons la petite tente d’assistance pour nous diriger vers le départ. Après validation de la liaison radio, et que tout est ok pour moi, Gus lance la procédure de départ. D’une fois le frein à main relâché, les 4 roues motrices nous éjectent vers l’avant. Malgré la panne des palettes au volant, et l’utilisation du petit levier de secours, les rapports s’enchaînent à une vitesse folle. Le premier virage arrive déjà. Il est négocié en quatrième, tout en glisse. Plus tard, une légère bosse fait juste délester les suspensions. J’imagine alors les sensations ressenties par les équipages au saut des Mases au Rallye du Valais !

Ce qui est pour moi le plus impressionnant, c’est l’arrivée vers un gros empilement de troncs d’arbres, dans une partie défoncée et couverte de gros graviers. On y arrive quasiment en fond de six. Il tape dans les freins, place la voiture, remet les gaz et grâce au travail des amortisseurs, nous sentons à peine les trous que nous traversons. D’une fois l’épingle passée, changement de rythme. C’est maintenant des successions de virages qui s’offrent à nous. Un court instant je réfléchis à l’impact que produirait une sortie de route, mais je laisse immédiatement le plaisir reprendre le dessus.

Prenez place avec moi dans la Ford Fiesta WRC pour 2 minutes de plaisir:

Merci à Ford Performance et Ford Suisse pour ces deux jours incroyables.

 

Credit photo : Michael Esteves/Sport-Auto.ch, M-Sport, Ford

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