Rencontre avec Hervé Lecuyer animateur du championnat de France des Rallyes VHC

Hervé on voit depuis quelques années une Golf GTI avec un drapeau suisse sillonner les routes du championnat de France des Rallyes

Hervé Lecuyer : Oui, c’est un clin d’oeil à mes deux patries : Je suis suisse par ma maman et français par mon papa, je suis né en Bourgogne et je vis à Genève. Quand j’ai cherché une déco pour ma Golf j’ai fouillé dans les archives et j’ai retrouvé des photos des années 80 de la Golf de José Maria Ponce, un pilote espagnol que j’aime beaucoup. Les couleurs Audi-VAG de l’époque lui vont très bien et je lui ai rajouté un drapeau suisse sur le toit !

Pourquoi le choix de la Golf GTI ?

C’est une voiture que j’aime beaucoup, j’ai couru avec des Golf Groupe A entre 1980 et 87, c’est une auto très sympa à piloter avec des coûts raisonnables. La Golf GTI fait partie de ces voitures qui ont marqué leur époque, en 77 quand elle est sortie c’était énorme, et quand tu avais la chance d’en avoir une on se retournait sur ton passage ! Aujourd’hui encore il y a énormément de personnes qui viennent nous voir sur les rallyes pour me dire qu’ils ont eu une Golf, qu’elle les a fait rêver … c’est sympa.

Par contre c’est une groupe 1 et non pas une groupe 2 ?

Oui, quand j’ai trouvé cette voiture c’était une deuxième main que nous avons montée pour le rallye. A l’époque je me suis dit qu’une groupe 1 serait un choix idéal: petit budget et maxi plaisir. Je pensais que nous serions nombreux en groupe 1 et que cela occasionnerait de belles bagarre comme à l’époque.

Ce qui n’est pas le cas ?

Et bien non ! Il y a plus de très grosses autos en VHC que de petites groupes 1 ! On entend partout que c’est l’escalade et l’explosion des budgets, mais visiblement ça ne doit pas être le problème du VHC ! La FFSA a créé cette année un challenge petites cylindrées pour dynamiser le championnat, j’espère que ça va attirer de nouvelles voitures.

Tu as également couru à l’époque sur de grosses autos, dont la Porsche 911 groupe 4, ça ne te tente pas ?

Si, mais c’était avant (rire) ! Sérieusement c’est un gros budget de faire courir une groupe 4. Bien sûr c’est parfois frustrant de rouler dans une voiture moins puissante, surtout dans les montées, mais pour moi cela doit avant tout rester un plaisir, et le plaisir est bien présent. Pour aller vite avec une groupe 1 il faut piloter propre, soigner ses trajectoires, c’est un exercice intéressant.

L’expérience en circuit te sert

C’est certain. J’ai eu le plaisir de piloter de belles autos, de faire un peu de F3 et d’être instructeur en circuit avec, entre autre Philippe Favre, un garçon adorable doublé d’un super pilote (Formule 1, 24h du Mans …) Il m’a beaucoup appris.

Et pourquoi le rallye ?

Les rallyes m’ont toujours fait rêver, j’allais voir les rallyes qui se déroulaient en Bourgogne avec notamment des spéciales de nuit, l’ambiance était fabuleuse ! et je vivais le Monte Carlo en direct sur RMC avec la voix de Bernard Spingler dans le poste de radio, c’était magique. On se remémorait ça avec Tchine au Lyon-Charbonnières, l’ambiance était incroyable à l’époque.

L’ambiance est différente aujourd’hui

La ferveur du public est toujours la même heureusement, mais en WRC les pilotes sont devenus inaccessibles, les discours sont rodés et les enjeux considérables. Se retrouver toute une tablée de pilotes à se marrer dans une petite auberge pendant les recos, ça n’existe plus à ce niveau. Quand tu lis le livre de Françoise Conconi (copilote de Michèle Mouton) sur les anecdotes de l’époque tu comprends que tu as changé de monde ! Sauf en VHC ! On essaie justement de garder cet esprit. Et on joue notre carte suisse en distribuant des chocolats suisses sur toutes les manches du championnat, c’est notre façon de remercier les organisateurs et surtout tous les commissaires et bénévoles sans qui nous ne pourrions pas pratiquer notre sport.

Je me suis laisser dire que c’était pas triste au sein du Panda Racing

La vie est trop courte pour qu’on se prenne au sérieux ! On la chance de vivre des moments super et de pratiquer la passion qu’on aime, autant le faire dans la bonne humeur ! Nous sommes une petite équipe avec tous la même philosophie : Profiter du moment présent. Martial Millet qui nous prépare la Golf a toujours le sourire. Nous avons pour habitude de louer des maisons pendant les rallyes plutôt que d’aller à l’hôtel, ça favorise l’ambiance du style auberge espagnole ! L’an passé nous avons fait tout le championnat avec Pascal Calvel et Sylvain Dupont, Porsche 911 g3, qui ont remporté le titre de champion de France, et c’était vraiment pas triste. Cette année c’est Lionel Moutouh qui nous a rejoint, et on a deux super copilotes qui mettent le feu: Clio et Perrine !

Clio Chambelland est maintenant ta copilote depuis quelques courses, comment ça se passe ?

J’ai fait débuter Clio au Rallye de la Châtaigne l’an passé et d’entrée de jeu le binôme a fonctionné. Sylvain Dupont avait pris le temps de lui expliquer les subtilités du copilotage et elle a pu faire son premier rallye dans de bonnes conditions. Elle a tout de suite été dans le bon tempo et nous avons fait un très beau rallye avec un super résultat à la clé. On a donc logiquement décidé d’en faire un autre, puis un autre … et maintenant le championnat. Clio a l’habitude de gérer le stress de la compétition puisqu’elle a participé au championnat de France de saut d’obstacle en équitation pendant plusieurs années. Et le monde de la course auto ne lui est pas inconnu avec un grand-père illustre au niveau de la FFSA (François Chambelland était le créateur du circuit de Dijon Prenois et Vice Président de la FFSA ndlr). Elle est très motivée et parfaite dans ses notes, c’est un vrai plaisir de l’avoir dans le baquet de droite, d’autant plus qu’elle toujours de bonne humeur !

Des projets pour l’avenir ?

Des envies, oui, mais pas réellement de projet concret. Je m’intéresse au championnat d’ Europe, il y a de belles épreuves, je me dit que pourquoi pas … les voyages forment la jeunesse ! rires. Mais déjà on va terminer le championnat de France pour aller chercher un troisième titre en groupe 1, aujourd’hui nous sommes en tête du nouveau challenge petites cylindrées, c’est motivant, et il y a aussi un coup à jouer en coupe de France et comme dit un copain : vive le VHC, les Vrais Hommes Conviviaux !

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