24h du Mans 2019 : Jonathan Hirschi: « J’aimerais voir un team basé en Suisse et pas seulement avec le drapeau »

Jonathan Hirschi, s’élancera sur le circuit du Mans samedi. Pour sa septième participation aux 24 heures,  le pilote, né à Saint-Imier, compte bien tout donner ce week-end. Sport-Auto.ch est allé à sa rencontre à quelques jours du grand départ.

Propos recueillis par Cédric Monchatre

Le fait d’avoir fini deuxième l’an dernier t’a-t-il fait changer ta manière d’aborder la course sachant que cette année vous faites parti des favoris ?

Oui alors c’est clair que c’est un résultat exceptionnel. L’année passée on a quand même fait plein de petites erreurs. On a eu deux pénalités, on a pas fait les bons arrêts aux stands, on  faisait des relais trop courts donc si on met tout l’un dans l’autre, cette année pourquoi pas faire mieux ? C’est toujours incertain les 24h… On peut rouler plus vite, mais est-ce que la voiture l’acceptera sur 24 heures ? C’est toujours la question.

A nous trois, on cumule 20 participations au Mans, donc on va plutôt jouer sur l’expérience pour éviter de faire des bêtises parce que c’est quand même éliminatoire.  C’est vrai que l’an dernier on a fait un bon résultat et le but ce serait de remonter sur le podium. Mais il faut le dire avec beaucoup d’humilité, déjà il faut terminer la course en mettant que de l’essence et des pneus sans faire de bêtises et on verra le résultat à la fin

L’an dernier tu nous disais que votre but était de finir et vous avez terminé 2ème, donc cette année tu vises le podium pour finalement gagner ?

Quand on regarde la liste de départ il y a quand même du beau monde, il faut aussi avoir un peu de  chance. L’année passée on en a eu, puisqu’on a pas eu de problèmes avec la voiture. On ne l’a jamais rentrée dans le garage. Il faut que ça continue ainsi pour faire un bon résultat ! On a pris l’expérience de l’année passée, on a compris des choses, nous serons forcément mieux. Maintenant à voir si ça paye… ou pas.

Qu’est-ce qu’a changé votre seconde place de l’an dernier ?

L’année passée c’était une saison relativement difficile avec une saison d’ELMS en demi-teinte. Le Mans c’était hors championnat. Ça a vraiment été la cerise sur le gâteau cette belle deuxième place. Après oui, ça a donné un peu de pérennité au team, mais il n’y a pas de secrets il faut énormément travailler. C’est une chance d’avoir fait un podium au Mans, pour le team et les pilotes, mais on ne peut pas non plus relâcher nos efforts pour continuer à performer.

Comment se sont passés les test-day, quel était votre programme de travail ?

On a changé pas mal de choses sur le set-up de la voiture puisque on a changé de manufacturier de pneus durant l’intersaison. Et on a essayé de comprendre comment faire travailler le pneu avant tout ! Car il ne faut pas oublier que on peut avoir la meilleure voiture, les meilleurs réglages et les meilleurs pilotes. Le pneu c’est quand même la seule pièce qui lie la voiture au sol. Le jour où l’on maîtrisera parfaitement les pneus, nous serons plus que performants. 

Cette année il y a un équipage 100 % féminin, à quand un équipage 100 % Suisse dans un team Suisse ?

Je fais partie du championnat VLN qui se courent sur la Norscheifle, le plus long circuit du monde. Je suis avec un équipage 100 % Suisse et dans un team Suisse, ce qui fait déjà très plaisir. Après c’est vrai que l’on est pas encore au Mans. L’initiative de l’équipage 100 % féminin je trouve ça très bien. On est dans un sport où il est difficile de différencier le sexe féminin et masculin. Après j’aimerais beaucoup voir un team Suisse basé en Suisse et pas seulement une voiture avec le drapeau suisse dont le team est basé ailleurs. Certains se sentiront peut-être visés. Mais avec de vrais pilotes suisses ça pourrait être chouette. Ça reste un petit pays mais on a tout pour bien faire avec d’excellents pilotes.

Crédit photos @Cedric Monchatre 

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