RENAULT
CLIO R.S. TROPHY
220 EDC

L’essai Sport-Auto.ch du 21 mars 2017

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Guillaume Siegel, Bob de Graffenried

En 24 ans et 4 générations, la Renault Clio s’est forgé une réputation solide parmi les compactes sportives. D’abord en 1993 avec la devenue célèbre Williams, avant que Renault Sport appose son label sur les générations suivantes.

En 2013, lors de l’apparition de la Clio IV R.S., Renault a modifié drastiquement la recette de son succès, au bénéfice de la polyvalence et de la modernité. Les critiques fusent : fini la carrosserie bodybuildée, les freins Brembo et la boîte manuelle ! La nouvelle boîte séquentielle à double embrayage à 6 rapports est jugée lente. Le châssis est bon mais la direction – désormais électrique – ne procure plus le même feeling. Le passage au downsizing est également inévitable : l’ancien 4 cylindres 2.0L de 200ch est remplacé par un 1.6L turbo de même puissance.

Face aux critiques, Renault ambitionne rapidement de revoir sa copie en améliorant la gestion de boîte. S’en suivit en 2015 une version Trophy survitaminée, dont nous vous avions proposé un essai au printemps dernier. Début janvier, nous avons pris les commandes du millésime 2016 de la Clio R.S. Trophy. Alors, grand cru ?

0-100km/h (s)

Vmax (km/h)

rapp. poids/puiss. (kg/ch)

traction
4 cyl. 1.6L turbo
220ch / 260Nm
1’279kg

Notre exemplaire d’essai se présente dans le superbe Jaune Sirius (CHF 1’600.-), probablement la couleur qui lui sied le mieux ! Par rapport à la Clio R.S. « normale », les jantes passent du 17 au 18 pouces et la présence du châssis Cup abaisse la caisse de 20mm à l’avant et 10mm à l’arrière. La version Trophy a désormais droit à un échappement spécifique signé Akrapovic : je me réjouis déjà d’apprécier le résultat ! La puissance n’a pas changé, il s’agit toujours du 4 cylindres 1.6L turbo développant 220ch, contre 200ch pour la Clio R.S. normale.

La principale nouveauté qui concerne toutes les Clio R.S., ce sont les phares avant inférieurs à LED en forme de drapeau à damier, baptisés R.S. Vision. Outre une signature visuelle très réussie et unique, ces phares ont l’avantage de regrouper les fonctions de projecteurs antibrouillard, éclairage de l’intérieur des virages, feux de position mais également longue portée afin d’améliorer la vision nocturne.

A l’intérieur, les sièges spécifiques Trophy de la version précédente ont disparu. Ce n’est pas un mal car ils étaient peu enveloppants et dotés d’appuie-tête fixes. La finition est conforme à ce à quoi on peut s’attendre sur une compacte de cette catégorie : rien ne fait réellement défaut, mais rien ne surprend non plus. La sellerie cuir à surpiqûres rouges (CHF 1’200.-) confère à l’ensemble un aspect sportif appréciable, et le revêtement du tableau de bord est désormais moussé.

En milieu urbain, la Clio R.S. Trophy conserve les avantages d’une version conventionnelle. La direction offre une excellente maniabilité. Malgré le système d’amortissement à butées de compression hydrauliques, censé préserver un minimum de confort, il faut composer avec un châssis ferme qui ne sera pas du goût de tous. Il s’agit là du châssis Cup, qui outre l’abaissement précité, propose un tarage plus dur des ressorts. En mode auto la gestion de la boîte est bien pensée, les à-coups inexistants et les régimes de changement de vitesse cohérents. La consommation relevée sur un parcours mixte frise avec les 9l/100km.

Bien sûr, c’est le petit bouton « R.S. Drive » placé à côté du frein à main – qui reste au passage un levier traditionnel – qui nous intéresse le plus. En mode Sport, la sensibilité des gaz est accrue, la direction se durcit, et le régime des changements de rapport augmente. Peu importe, je vais de toute façon passer en mode manuel ! Pas de changement ici depuis la version précédente, mais il ne fait aucun doute que Renault a bien amélioré la commande et la gestion de la boîte depuis sa sortie sur les première Clio IV R.S. en 2013. Les palettes en aluminium, fixées sur la colonne de direction, sont excellentes car on peut les atteindre du petit doigt même si l’on garde les mains fixes sur le volant. On profite aussi un peu plus de l’échappement Akrapovic, notamment lors des changements de rapports où quelques généreux claquements se font entendre. Ceci dit, je m’attendais à un bruit plus présent et plus mélodieux à hauts régimes du fait de la présence de cet échappement.

En tirant les rapports, je retrouve avec plaisir les prestations du 1.6L turbo, aussi à l’aise en reprises qu’en accélérations, sans aucune tendance à s’essouffler à l’approche du rupteur (6’500trs/min). Lors des montées en régime, le logo Renault Sport au centre des cadrans passe progressivement du vert à l’orange, puis se met à clignoter à l’approche du rupteur. En mode Race, un bip sonore se fait entendre lorsque le logo clignote et qu’il faut changer de rapport.

Dans les enchaînements, le châssis Cup fait merveille, la prise de roulis minime. Le train arrière est très stable et difficile à prendre en défaut. Alors, trop policée cette Clio R.S. ? Difficile à dire, mais elle se veut moins joueuse et moins incisive qu’une 208 GTI par exemple. Le fait qu’elle dispense son conducteur du talon pointe et du travail du poignet droit enlève également un peu de piment à sa conduite. Heureusement, la boîte EDC est bien étagée : Le rupteur est atteint vers 80km/h en 2ème, ce qui est plaisant pour exploiter la cavalerie sur route ouverte.

En sortie de courbe, le différentiel électronique fait bien son job, freinant la roue intérieure et l’empêchant de patiner. Mais il est désactivé en mode Race (tout comme l’ESP). Un choix logique en vue d’une utilisation sur piste où le différentiel électronique réduirait en poudre les plaquettes, mais regrettable pour un usage routier sans ESP car le train avant sous-vire rapidement et donc perd en efficacité.

En parlant de circuit, Renault n’a pas oublié les adeptes de trackdays avec le pack R.S. Monitor (CHF 300.-). L’écran central se mue alors en un véritable outil de télémétrie pouvant afficher les données techniques du moteur en temps réel, mais également les accélérations latérales et longitudinales, l’angle au volant, le glissement, et les chronos sur les tours de circuit. Pour s’éviter toute distraction au volant, il est possible d’enregistrer ces données sur une clé USB. Grâce au chrono de départs arrêtés couplé à la fonction Launch Control, le 0-100km/h annoncé à 6.7 secondes a pu facilement être vérifié.

L’avis de Sport-Auto.ch

Malgré une hausse de prix sensible (dès CHF 31’900.-), les évolutions sont mineures par rapport au cru 2015… Mais après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ? Si les phares à LED inférieurs à damiers apportent une nouvelle identité au modèle, les puristes regretteront peut-être un esprit moins joueur et moins rustique que sur les générations antérieures. Non pas qu’elle soit avare en sensations, loin de là ! Avec sa boîte séquentielle à double embrayage, sa fonction Launch Control et son R.S. Monitor, la Renault Clio R.S. Trophy est parfaitement dans l’air du temps, et force est de constater que ça lui va plutôt bien !

bob[@]sport-auto.ch

Pour...
  • Châssis efficace
  • Comportement / étagement boîte
  • Ambiance et bip sonore mode Race
  • R.S. Monitor
Contre...
  • Pas de boîte manuelle à choix
  • Echappement Akrapovic décevant
  • Tarif en hausse
Technique / Tarifs

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Remerciements

Merci à Renault Suisse pour le prêt de cette Renault Clio R.S. Trophy 220 EDC.

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