GENÈVE 2018
TENDANCES, HÔTESSES
& COUPS DE CŒUR

L’édito du 14 mars 2018

Rédaction : Bob de Graffenried
Photographies : Guillaume Siegel, Gaëtan Brunetti, Nicolas Speck, Bob de Graffenried

Voilà déjà une petite semaine que le 88ème Salon international de l’automobile de Genève a ouvert ses portes au public. Si vous ne vous y êtes pas encore rendus, vous avez jusqu’à ce dimanche pour le faire et ainsi contribuer à peut-être battre le record d’affluence de 747’000 personnes (c’était en 2005). Cette année, les organisateurs tablent plutôt sur 700’000 entrées, un chiffre en adéquation avec les trois crus précédents. En attendant, voici ce que nous avons pensé globalement de cette édition, le tout accompagné d’une vidéo résumant notre visite.

Voitures « propres » où êtes-vous ?

 

Encore faudra-t-il définir ce qu’est à proprement parler une voiture « propre ». Mais si l’on parle du panier qui englobe tout ce qui n’est pas propulsé par un moteur thermique, ce n’est pas encore cette année que l’on peut parler de foison au salon de Genève. Et quand l’un de mes confrères chapeaute son quotidien avec « Une voiture à hydrogène ? Une sportive anglaise électrique ? Une superhybride sino-scandinave ? De la science-fiction ? Non : vous roulerez avec en 2018. », je me demande si nous nous sommes rendus au même endroit… Attention, ce dernier n’a pas tort ! Au contraire, tel un élève studieux, il a bien mieux étudié la question que moi sur les forces en présence en matière de propulsions alternatives. Et alors ? Combien de véhicules cela concerne-t-il cette année ? Est-ce que le visiteur lambda s’en souviendra après sa visite ?

Ce que je vois moi, c’est un stand Honda dont près de la moitié de la surface est consacrée aux Civic Type R et NSX, alors que les concepts Urban & Sports EV (dont je suis fou du design et des proportions) semblent mis à l’écart, comme pour faire semblant, comme pour faire rêver – ou cauchemarder – d’un mode de propulsion qui ne s’imposera finalement peut-être jamais, sinon bien plus tard que prévu.

Même constat chez Audi, où les modèles RS dopés à l’essence abondent comme chaque année, et où l’on peut fièrement lire sur le sol « Audi Sport ». Soit disant passant, qui aurait misé sur le fait qu’Audi, roi du Quattro, fasse un jour l’apologie de la propulsion en sortant une R8 V10 RWS ? Pas grand monde.

On notera également un public toujours aussi nombreux sur le stand Alfa Romeo, alors que le constructeur au serpent ne présente aucune nouveauté majeure, ni encore moins de véhicule « propre ». Non loin de là, Renault présente fièrement un concept de navette autonome baptisée EZ-GO, qui fait une fois de plus penser d’avantage à une vitrine technologique qu’au bus que je prendrai demain pour me rendre au bureau. D’ailleurs, ce n’est pas le Salon du transport en commun, mais le Salon de l’automobile ! Et juste à côté, comme pour narguer l’EZ-GO, il y a cette Renault Megane RS Jaune Sirius, avec son volant et ses pédales, qui ne demande qu’à défier l’asphalte, ici et maintenant ! Et, à peine plus loin, comme pour enfoncer le clou, ce sont les Alpine A110 Pure & Légende qui attirent avec raison l’attention.

Les voitures propres au Salon de Genève ? Finalement, comme on le dit souvent, chacun voit midi à sa porte.

Des hôtesses qui brillent… par leur présence !

 

« Au Salon de l’auto de Genève, les hôtesses brillent par leur absence ». Encore un titre d’un quotidien que je n’ai pas compris. Était-ce ironique ? Pas vraiment à moins qu’ils se soient tous donnés le mot, car ils ont été plusieurs dans la presse à mener de telles affirmations. Là encore, tout est question de point de vue, même si nos photos témoignent clairement du contraire : en 2018, les hôtesses sont bel et bien présentes à Genève. Certes, les récentes remuées autour des hashtags #balancetonporc et #metoo font que l’on en compte un peu moins que par le passé, mais il n’y a pas – pour l’instant – de quoi dramatiser. De fait, certains constructeurs se passent déjà des hôtesses depuis plusieurs années.

En arrivant au Salon, l’une des affiches vertes de l’organisateur conseille aux visiteurs masculins de s’intéresser d’avantage aux voitures qu’aux hôtesses, par respect. Soit. Mais est-ce que toutes ces femmes – qui ont choisi de faire ce métier – continueraient à se présenter si plus personne ne faisait attention à elles ? On a bien compris qu’entre regarder discrètement, faire un sourire et importuner de manière insistante, il y a un grand fossé. Et pourvu que la minorité de balourds avides de commentaires graveleux ou de selfies bien entourés ne contribue pas à ce que d’avantage de constructeurs se passent d’hôtesses par peur de se retrouver dans des situations délicates. Que ce soit pour une crème solaire ou une voiture, l’image de la « femme objet » qui fait vendre ne doit pas être vue comme dégradante. Au contraire, cela doit être une fierté de faire ce métier, au même titre que les hommes qui le font dans les domaines où l’audience est majoritairement féminine. Point barre !

Le retour improbable du hayon incliné

 

Boudées à la fin des années 90 à cause leur aspect ringard et du poids de leur hayon, les berlines 5 portes à hayon incliné reviennent peu à peu depuis l’automatisation de ceux-ci (on connaît déjà le succès des Audi A5 et autres BMW série 4 Gran Coupé). Alors qu’en 2017, la Kia Stinger faisait sensation à Genève, cette année c’est Mercedes-AMG qui sort le grand jeu en présentant l’AMG GT Coupé 4-portes, qui, contrairement à ce que son nom n’indique, est bien une voiture à 5 portes ! Après le retour des berlines tri-corps chez Mercedes, voici donc le retour de la limousine à hayon, avec des puissances qui s’échelonnent de 435 à 639ch ! Il y a 20 ans, ce segment à l’agonie n’aurait jamais imaginé l’une des leurs afficher une telle puissance !

Mais surtout, à quelques encablures du stand Mercedes-AMG, il y a cette nouvelle berline à hayon française que tout le monde attend et qui est sans doute l’une des grosses nouveautés de cette édition : la Peugeot 508 ! Conçue sur une base entièrement nouvelle, elle est le fruit de 5 ans de développement par le groupe PSA. Avec, comme point de mire, « concevoir une berline radicale dont le plaisir de conduire est au cœur de votre expérience à bord » selon Jean-Philippe Imparato, directeur de la marque Peugeot, dont vous pouvez revoir le discours sur notre page Facebook (conférence de presse filmée en direct le 6 mars). Une voiture au charisme indéniable que l’on a hâte d’essayer sur la route.

Plus loin, plus extrême encore que l’AMG GT Coupé 4-portes, il y a aussi la BMW M8 Grand Coupé, présentée sous la forme d’un concept qui devrait voir le jour en 2019. Des rumeurs font état d’un V8 bi-turbo avoisinant les 700ch. Bref, vous l’avez compris, si dans les années 90, se traîner un hayon signifiait avoir une famille ou être un artisan, aujourd’hui ce n’est plus vraiment le cas, grâce à l’automatisation des hayons qui a ravivé totalement ce segment qui s’oriente à présent vers des voitures premiums.

Boîte manuelle : oui et encore !

 

Je m’efforçais déjà de croire en 2016 que la boîte mécanique avait encore de beaux jours devant elle, alors même que certains prédisent sa fin depuis des années. Depuis, pas tant d’eau n’a coulé sous les ponts puisque cette transmission continue à équiper la majorité des véhicules d’entrée de gamme, et même certaines sportives présentes lors de ce salon de Genève. Sont entre autres équipées d’une boîte manuelle la Seat Leon Cupra R, la Honda Civic Type R FK8, la Ford Focus RS ou la Hyundai i30N, dernière arrivée en date dans ce segment et dont nous vous présenterons prochainement l’essai. De son côté, Renault a fait le choix de la sécurité en proposant sa nouvelle Megane RS en boîte manuelle ou automatique à double embrayage, après avoir essuyé les critiques en ne proposant sa Clio RS qu’en boîte séquentielle.

Même retour en arrière chez Porsche : alors que la 991.1 GT3 n’était disponible qu’avec la boîte PDK, la 991.2 GT3 est disponible au choix avec PDK ou boîte manuelle. Par contre, en ce qui concerne l’une des reines de ce Salon, à savoir la nouvelle 991.2 GT3 RS dévoilée le 6 mars en première mondiale, cette dernière n’est proposée qu’avec la boîte PDK « parce que les performances sont la priorité absolue des modèles RS ». Ceci dit, pour celui qui désire une 911 simple et un peu plus sportive, Porsche a également présenté la 911 Carrera T en première suisse. Si cette dernière ne fait pas beaucoup parler d’elle, elle devrait être intéressante à mener sur nos petites routes : elle est justement équipée d’une boîte manuelle à 7 rapports dont le rapport de pont a été raccourci.

Nos 10 coups de cœur en photo

 

Pour conclure notre couverture de ce 88ème Salon international de l’automobile de Genève 2018, voici un diaporama représentant nos 10 coups de cœur. Le vôtre n’y est pas ? Retrouvez l’intégralité de nos photos de cet événement dans notre album Facebook.

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