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Rencontre avec Nico Müller : ” En rallycross, tu lâches la pédale des freins et c’est à fond tout de suite !”

Sous la tente d’EKS Audi Sport, l’écurie créée par et autour de Mattias Ekström, l’ambiance est décontracté. Seuls les mécaniciens de l’Audi rose de Nico Müller s’affairent encore. Le Bernois arrive, souriant et avenant comme toujours, mais l’air soucieux. Lors de la dernière manche qualificative, le pilote suisse a été impliqué bien malgré lui dans un carambolage : “La journée de demain va être plus compliquée que prévu, mais ça va aller…”, lâche le Bernois dans un français parfait, avant de s’asseoir pour nous parler de sa passion pour le rallycross.

 

Qu’est-ce qu’un pilote DTM vient chercher en rallycross ? Du fun, de nouvelles sensations, ou as-tu clairement aussi une mission pour Audi, ce week-end ?

 

Nico Müller : Je pense que le rallycross peut m’apprendre beaucoup. Et j’ai l’impression que chaque fois que je conduis l’une de ces voitures, j’engrange de l’expérience grâce à tous les aspects différents du pilotage que je peux développer. Je le vois comme un investissement dans ma carrière de pilote.  C’est beaucoup de fun aussi et c’est pour moi un honneur d’avoir cette opportunité de rouler dans cette équipe, sur une épreuve de championnat du monde, et pouvoir ainsi prouver mes facultés d’adaptation. Et d’être à la lutte avec des pilotes de classe mondiale comme Loeb, Ekström, etc…  Je suis très content d’être ici !

 

Ici, tu roules une Audi A1, en DTM tu as une A5 : est-ce qu’il y a des comparaisons à faire entre les deux voitures ?  

 

Rien à voir. Ici, les grandes différences sont les quatre roues motrices et aussi “zéro” assistance électronique, du pilotage pur ! Il y a aussi le gravier, les sauts… Le circuit et le rallycross sont deux mondes totalement différents ! Et c’est ce qui est très intéressant pour moi. D’ailleurs, la plupart des pilotes qui sont devant ont de l’expérience en rallye. Tout est bon à apprendre pour mon pilotage. Ici, tu apprends à lire la piste, à voir et à estimer l’adhérence que tu vas avoir.

 

Y a-t-il des choses que tu appréhendes dans cette discipline, par exemple le départ ou de rouler en peloton encore plus violemment ?

 

Nico Müller : Oui, ce qui est très très important en rallycross, c’est le départ : tu as cinq voitures qui partent sur la même ligne et il n’y a pas d’écarts. Tu sais qu’un bon départ peut faire une immense différence. Au coup d’envoi, la tension est énorme. Il n’y a pas de tour de chauffe : tu montes dans la voiture sur la grille de départ, tu te mets dedans et… waaahp à fond ! Tu n’as pas le temps de t’échauffer, ni toi, ni la voiture. De zéro à « 100% à fond » ! et ça, c’est très intense !

 

 Tu as le cœur qui bat plus fort au départ d’un rallycross que d’une épreuve de DTM ?

 

Oui, mais aussi au niveau de la concentration. Il n’y a pas d’électronique, donc pas d’aide. Tu lâches la pédale des freins et c’est à fond tout de suite! !

 

Et pour le tour joker, est-ce toi qui le définis ? Peux-tu le faire quand tu le veux ?

 

Non, à la radio, ton spotter te dis quand tu peux le faire. C’est la seule communication autorisée.

 

Sur un meeting de course, quelle est la plus grosse différence par rapport au DTM ?

 

Ici, c’est plus compact et plus intense dans la phase où tu es dans la voiture car tu n’as que quatre tours par manche, donc chaque petite erreur a d’énormes conséquences. Tu dois donc être parfait si tu veux être devant. Chaque manche a une conséquence sur la prochaine. Si tu es bon, si tu es devant, tu pars devant avec les pilotes rapides. Si tu fais une manche mauvaise, tu pars derrière. Cela influence par conséquence tout ton week-end. Il faut donc être dans le rythme dès le début. Il n’y a aucun momentoù on peut être relax.

 

Et comment est l’ambiance en rallycross?

 

Tant en DTM qu’en rallycross, c’est très professionnel dans les équipes. L’ambiance dans les paddocks est par contre un peu différente. Ici,  le public peut presque toucher les voitures, les gens sont très proches des pilotes. C’est plus ouvert car ce sont beaucoup de petites équipes.

 

Propos recueillis pas Sébastien Moulin et retranscrits par Isabelle Crausaz

Crédit des photos : ©Sébastien Moulin / Sport-Auto.ch

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