Sauber F1 : Une saison 2016 faite de hauts et de bas….. et « d’un miracle »

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A la suite du baisser de rideau de la saison la plus longue de Formule 1, la rédaction de Sport-auto.ch revient sur les performances de l’écurie suisse Sauber F1. Un parcours compliqué mais avec une 10ème place au championnat constructeur à la clé.

Après une année 2015 plutôt réussie, due surtout à un bon début de campagne, l’écurie suisse Sauber se lance dans la nouvelle saison 2016 avec beaucoup moins de certitudes, mais avec un duo de pilotes Marcus Ericsson – Felipe Nasr inchangé. L’hiver a été rude, tant au niveau financier que sportif. Des rumeurs de faillite et un manque de ressources pour développer la nouvelle monoplace en sont notamment la cause. S’ensuivent ainsi une non participation aux séances de tests d’avant-saison. Peu de préparation donc, avec comme conséquence également très peu d’évolutions et de connaissances du châssis avant le premier Grand-Prix de la saison.

Loin de pouvoir calmer les angoisses des supporters de l’équipe d’Hinwil, la Team principale Monisha Kaltenborn doit, de plus, démentir les rumeurs qui annoncent  que l’écurie ne pourrait participer au début du championnat, faute de moyens suffisants.
Finalement, Sauber est bien au départ de la première course en Australie, avec l’aide généreuse des sponsors de Marcus Ericsson, qui auraient injecté plusieurs millions en urgence.

Néanmoins, les résultats des trois premiers Grands-Prix ne sont, comme attendu, pas aussi prolifiques qu’en 2016, avec des places, pour la plupart, hors du top 15 ou parmi les derniers classés.
Le retour sur les terres européennes ne se passe pas beaucoup mieux, avec des performances qui font des Suisses une des dernières forces du peloton. On pense d’ailleurs les voir toucher le fond au mois de mai à Monaco, avec une collision dans les derniers tours entre Nasr et Ericsson,

Marcus Ericsson (SWE) Sauber F1 Team. Marina Bay street Circuit.

les deux pensant être plus rapide l’un que l’autre.

Or, il n’en est rien, puisque le pire est à venir, avec la course disputée en Autriche fin juin. En effet, Pascal Wehrlein, sur Manor, réalise une superbe performance en terminant 10ème. Il marque ainsi un point pour le concurrent direct de Sauber, à la 10ème place au championnat constructeur, et les millions qui vont avec.
De plus, lors des Grand-Prix suivants, les Suisses semblent complètement dépassés, ne parvenant plus à terminer dans le top 15, ce qui devrait être l’objectif minimal avant de pouvoir viser les points. Sauber est donc au plus bas, mais quelques bonnes nouvelles et lueurs de jours meilleurs arrivent toutefois à la fin juillet, avec l’annonce du rachat de l’équipe zurichoise par le fonds d’investissements suisse Longbow Finance.

En ce qui concerne les performances pures sur la piste, il faut pourtant attendre fin septembre et la fin de l’été pour voir la voiture s’améliorer et le duo de pilotes s’approcher du top 10. Au bilan, quelques améliorations notoires et de bonnes 12ème places. L’équipe semble enfin en réel progrès, et de nouveaux recrutements pour la saison 2017 sont effectués. Dans l’ensemble, un grand pas en avant, si l’on compare avec le début d’année, où l’équipe se battait encore pour sa survie. Un seul point reste cependant encore à atteindre, et il est non négligeable : c’est le point à marquer en course afin de repasser devant Manor au championnat et engranger quelques millions supplémentaires bienvenus.

Tout proches d’atteindre cet objectif sur le circuit Mexicain avec une 11ème place d’Ericsson, les Suisses savent maintenant qu’ils devront compter sur des circonstances exceptionnelles, voire un miracle. Et c’est bien ce qui va se passer lors de l’avant dernier Grand-Prix, au Brésil, couru sous des conditions extrêmes. En effet, sous une pluie diluvienne et avec pas moins de 3 immobilisations de la course, Felipe Nasr n’offre pas un, mais deux points au Team d’Hinwil. Le Brésilien, avec une stratégie et une audace payantes, réussit à domicile la performance qu’il fallait à Sauber pour sauver définitivement leur saison.

Monisha Kaltenborn (AUT), Sauber F1 Team CEO and Team Principal. Suzuka Circuit.
Monisha Kaltenborn, Sauber F1 Team CEO et Team Principal.

Monisha Kaltenborn: « C’est un sentiment fantastique. Nous avons vu les choses s’améliorer depuis que les nouveaux propriétaires sont arrivés, nous avons engagé de bonnes personnes, la performance progresse, pas à pas. Nous ne pouvions pas faire de miracles, mais c’est comme un miracle, et nous voulons apprécier le moment. Cela démontre que la dynamique est là et que nous serons de retour l’année prochaine ».

Et l’ultime Grand-Prix, un peu décevant, à Abu Dhabi dimanche dernier, n’y changera rien. Le Team suisse a réussi sa saison et atteint son objectif principal. Avec de nouveaux moyens, l’équipe peut désormais se tourner vers 2017 avec plus de trois mois de préparation et un pilote sous contrat, le Suédois Marcus Ericsson, très proche des nouveaux investisseurs. Le sort du « héros » Brésilien Felipe Nasr dépend lui encore de ses sponsors, dont certains semblent l’avoir malheureusement lâché, réalité économique oblige. Il faudra donc encore attendre quelques semaines pour connaître l’identité du deuxième pilote Sauber pour 2017. Une saison que l’écurie suisse disputera toutefois avec un moteur Ferrari 2016, ceci permettant d’économiser plusieurs millions de francs au passage, mais qui est une décision très discutable.

Dans ces conditions, cet handicap présumé ne sera-t-il qu’une source d’inquiétude, comme la Team Manager ne cesse de le clamer, ou les performances de l’an prochain seront-elles à nouveau un cran en-dessous des attentes ? Premiers éléments de réponse fin mars 2017, en Australie.

Crédit photos ©Sauber F1 Team

 

 

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